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24.10.

Zürich, Tonhalle Maag 19:30

Joseph Haydn : Symphonie en mi bémol majeur Hob. I: 103
Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 2 en ré majeur op. 36

Direction : Kai Bumann

Celui qui pense à la musique de Haydn comme à un moment de sérénité risque d’être déçu: bien qu’offrant dès le premier mouvement un vif « allegro con spirito », la symphonie en mi bémol majeur n° 103 s’ouvre sur un roulement de timbales lourd de sens suivi d’une lente et mystérieuse introduction menée par les cordes et les bassons. Qui sait si la connotation à l’époque encore militaire des timbales a fait frémir le public londonien lors de la création de l’oeuvre, en 1795. Ce qui est sûr, c’est que toute la brillance, toute la richesse des harmonies s’ensuivant prennent une teinte plus sombre à la mémoire de ce commencement tonitruant. De quoi tirer des parallèles avec l’automne 2020?

La 2ème symphonie de Beethoven n’est pas en reste. Considérée comme une oeuvre rayonnante, elle présente elle aussi une lente introduction baignant tout le reste de la pièce d’une lumière particulière. En cela, Beethoven se montre l’élève parfait d’Haydn et pour cause, il l’a été. Cependant, comme tout élève se doit de le faire, il pousse le jeu un peu plus loin et ajoute de flamboyantes apparitions des cuivres ainsi que des rythmes très marqués, à tel point que cela n’est pas sans rappeler un caractère martial. Cette semblante barbarie s’estompe cependant petit à petit pour laisser place à une grande humanité et une douceur sans fin.

Tonhalle Maag